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Aristide Boucicaut

Né à Bellême en 1810, Aristide Boucicaut commence sa carrière commerciale comme simple commis chapelier dans la boutique paternelle à Bellême qu’il quitte en 1828 pour suivre comme associé un marchand de bonneterie ambulant.

 

En 1829, il s'installe à Paris et entre en 1834 comme jeune vendeur dans le magasin de nouveautés au Petit Saint-Thomas à Paris, première préfiguration du grand magasin parisien.  

En 1835-1836, Aristide Boucicaut fait la connaissance de Marguerite Guérin.

En 1845, la fermeture du Petit Saint-Thomas laisse Aristide, qui était devenu chef de rayon, sans emploi : il rencontre alors les frères Videaux qui viennent de créer dans le même quartier, à l’angle de la rue de Sèvres et de la rue du Bac, leur mercerie nommée « Au Bon Marché ». Il y est embauché et séduit ses employeurs en partageant avec eux le goût du commerce moderne avec entrée libre, affichage des prix, faible marge bénéficiaire, vente par correspondance, soldes…, et en 1852 une association est décidée entre eux, Boucicaut y mettant toutes ses économies et la vente d'un héritage percheron, soit 50 000 francs.

Le 1er juin 1853, une nouvelle société est constituée (quatre rayons, une douzaine d'employés, un chiffre d'affaires de 450 000 francs).

Soutenu par son épouse Marguerite, Aristide Boucicaut se montre entrepreneur et novateur : il ambitionne de créer un vaste magasin moderne où tout doit favoriser la consommation féminine : invitation de la clientèle féminine à sortir de chez elle pour venir passer quelque temps au magasin, marchandises à profusion disposées sur des comptoirs permettant le « libre toucher », l'idée d'un vaste lieu organisé de manière quasi théâtrale pour multiplier les tentations d'achat, vendeurs ou vendeuses formés pour conseiller le client. La concrétisation de cette intuition va ouvrir la voie vers une société de consommation et contribuer à créer et à diffuser l'image de la « Parisienne moderne et élégante ».

La rencontre avec Henri Maillard, un pâtissier né à Mortagne-au-Perche, non loin du pays natal d'Aristide Boucicaut, va permettre à Boucicaut de financer et de concrétiser son projet. Le 31 janvier 1863, Boucicaut, qui a emprunté à Maillard, rachète les parts de ses associés pour 1 million et demi de francs. La transformation et l'extension du Bon Marché se poursuivent avec d'importantes acquisitions foncières. S'inspirant de Maillard, Boucicaut prélève une marge brute de 13,5 %, au lieu des 41 % en usage à l'époque chez les petits commerçants qui doivent compter deux ans pour écouler leurs stocks qui se démodent, alors que Boucicaut les fait tourner en deux mois.

En 1869, le couple Boucicaut entreprend la construction des bâtiments qui existent encore aujourd’hui et dont la première pierre est posée par Marguerite Boucicaut le 9 septembre 1869. Les travaux se réalisent jusqu'en 1887 par tranches successives en même temps que se multiplient les acquisitions foncières : la surface finale du magasin atteindra 52 800 m2.

La maison Boucicaut continue à développer une stratégie commerciale moderne innovante :

  • entrée libre et affichage des prix,

  • périodes dédiées aux fortes ventes (jouets en décembre),

  • périodes de soldes comme le mois du « Blanc » en janvier (alors qu'il neige et que ses rayons sont relativement vides après les fêtes de fin d'année, Boucicaut a l'idée de remplir ses rayons en soldant ses stocks de linge blanc),

  • échange et reprise des marchandises,

  • vente par catalogue dans le monde entier (4 000 exemplaires diffusés) que permet le développement du chemin de fer,

  • construction de l'hôtel Lutétia pour accueillir les riches clients étrangers...

 

La société fait aussi preuve de préoccupations sociales et met ainsi en place, au fur et à mesure des années, des avancées comme la fermeture du magasin le dimanche (qui ne deviendra une obligation légale en France qu'en 1906), une cantine en 1872, des chambrettes pour les jeunes employés, une assistance médicale, des congés payés, une formation continue et des cours du soir, des promotions de carrière, puis en 1876 une caisse de prévoyance et de retraite des employés et ensuite un intéressement aux bénéfices…, même si les employés tempèrent l’enthousiasme de leur patron dénonçant par exemple en 1869 la charge de travail et l'autoritarisme d'Aristide Boucicaut.

Le Bon Marché devient une véritable institution commerciale et un modèle international. 

Mort le 26 décembre 1877, Aristide Boucicaut est inhumé le 29 décembre à Paris.

Sa veuve dirige alors l'entreprise pendant dix ans avec l'assistance des anciens collaborateurs de son mari.

Un monument a été érigé à Bellême, son pays natal dans l'Orne : un buste réalisé par Henri Chapu qui a sculpté la « bosse du commerce » sur la tempe droite d'Aristide Boucicaut, l'entrepreneur à la réussite spectaculaire étant à l'origine de l'expression à cause de celle qui l'affligeait.

Madame Boucicaut avait également fait construire et décorer à Bellême une villa pour les retraités du Bon Marché dans son Perche natal.

Attaché à son village d'origine, il avait également fait procéder à l'aménagement d'une chapelle funéraire dédiée à sa mère dans l'église de son village natal.

 

Bellême honore encore la mémoire de son plus célèbre fils par un monument.

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Le Bon Marché à Paris

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Aristide Boucicaut

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La chapelle Boucicaut, en l'église Saint-Sauveur, a été entièrement réaménagée en 1877-1878 par Boucicaut  et dédiée à sa mère.

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