Sœur Augusta

Sœur Augusta, religieuse allemande du couvent de La Providence.

Née le 12 octobre 1836 à Aix-la-Chapelle, de Frédéric Mathieu Faure, elle entre au noviciat à Alençon, en 1859. Elle est professeur à partir de 1862 à Bellême, à l’école communale de filles.

Le 22 novembre 1870, elle accueille le duc de Mecklembourg. Elle obtient que Bellême ne soit pas pillée, ni même fouillée. Un très jeune soldat, épuisé, caché et endormi à Bellême est découvert et condamné au peloton d’exécution. Elle demande sa grâce avec des arguments qui font céder le général allemand. Elle soigne 20 prisonniers français dans l’école et loge 92 Prussiens qu’elle voit avec émotion prier pour leur famille après le dîner. Elle vient en aide à la population, même à ceux qui l’ont dénoncée comme allemande pour la faire expulser au début de la guerre.

Les officiers prussiens ont confiance en elle : ils lui apportent des miches de pain pour nourrir les réfugiés de l’école, et lui laissent leurs malades et leurs blessés quand ils partent.

Le 27 novembre, sœur Augusta fait une lettre en allemand au général prussien et obtient la libération de sept Bellêmois réquisitionnés comme guides.

Le 9 janvier, des Français ayant résisté à Sérigny, les Allemands menacent de tirer au canon sur Bellême ; sœur Augusta intervient efficacement. Lors de cette deuxième invasion, elle donne aux plus démunis un papier où est écrit « maison de varioleux » en allemand ; collé sur la porte des maisons, il dissuade les soldats allemands de s’y installer.

A sa mort, le 11 janvier 1911, à 74 ans, le conseil municipal lui accorde une concession gratuite au cimetière « pour services exceptionnels rendus par elle à notre ville et à bon nombre de ses habitants lors de l’invasion allemande ».

Sources :

 Sophie Montagne-Chambolle

Amédée (frère) : « Les Prussiens à Bellême pendant la guerre de 1870-1871 » Bulletin de la société percheronne d’histoire et d’archéologie.

Capture.JPG